Les Trois Clochers

Pour la sauvegarde du patrimoine des églises de Courthioust, Colonard et Corubert

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Portrait-hommage de Jean Bizet

samedi 18 octobre 2014, par Les Trois Clochers

Curé de Bellême et de Colonard-Corubert, il fut celui qui restaura Notre Dame de Courthioust en 1991. Disparu il y a un an, l’association des Trois Clochers lui rend ici hommage.

Jean Bizet arrive à Bellême le 13 octobre 1971, date à laquelle il devient son curé.

Selon son souhait, l’évêque Mgr Pioger l’autorise à travailler dans les fermes en indépendant. Jean reçoit en même temps la charge de Colonard-Corubert qu’il assurera jusqu’à la création des nouvelles paroisses en 1993. Il office chaque dimanche à Colonard, puis le dernier dimanche de juillet à Corubert pour la Saint Pierre et Saint Paul, et chaque 15 août à Courthioust.

Pendant des années, en semaine, son travail en ferme consiste au binage de betteraves, à la taille de bois de haies. Rapidement, le prêtre-ouvrier devient conseiller en bâtiment --- stabulations, hangars de stockage --- mais aussi en travaux de maisons où, dit-il, Jean veut aider les familles à avoir des chambres pour les enfants.

Et le cœur de l’aménagement se fait très souvent à partir d’une cheminée bâtie par Jean avec les habitants. Ce feu qui devait être essentiel pour la famille…. Plus d’une centaine de cheminées ont été réalisées dans cet esprit et ont généré autant d’amour.

Le 15 août 1990, coup de théâtre : lors de la messe en Notre Dame de Courthioust, et alors qu’il avait fallu ramasser de nombreux morceaux de lambris de voûte, Jean Bizet annonce qu’il ne pourra plus dire la messe à Courthioust, pour cause de danger. Seul le maire de l’époque, François Landemaine, est dans la confidence.

Jean ajoute que, si une volonté communale se dessinait, il proposerait d’accomplir le travail d’aménagement nécessaire, avec les riverains volontaires.

Une délibération communale est prise en ce sens, le bois est acheté et les travaux commencent début 1991 avec plusieurs habitants de Colonard et quelques-uns de Bellême, pendant que des recherches sont effectuées sur la construction de l’église.

Et le 15 août 1991, Notre Dame de Courthioust accueille ses fidèles qui n’oublient pas de la saluer selon l’inscription du fronton en latin du retable : « en passant devant la vierge n’oublie pas de te taire d’un salut ».

A partir de 1993, Jean est chargé de la Pastorale. Rien ne le rend alors plus heureux que d’apprendre que la communauté de vie est dans la joie et la simplicité. Rien ne le rend plus heureux, aussi, que la présence, nombreuse, de jeunes et d’ados dans la cour du presbytère de Bellême, tous enfants du caté. Et que dire des fêtes de Courthioust, ces partages de repas devenus rituels après les travaux, qui se font après la messe du 15 août, dans la simplicité et la convivialité. Pour rien au monde, Jean Bizet n’en aurait raté une.

Le film qui suit est le dernier où Jean assistait à ce repas, le 15 aout 2013. Alors atteint de trois tumeurs au cerveau qui le gênaient considérablement, Jean ne sera plus de ce monde quatre mois plus tard, le 11 novembre 2013.
Puisse ce film témoigner d’un personnage aux convictions fortes, empreint d’une humanité rare.

A toi, Jean, qui ne voulais jamais te mettre en avant mais être seulement avec les gens du pays dont tu as partagé leur vie. Alors, tu as franchis la porte la vie, et tu l’as fait dans la dignité.

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